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Risques chimiques

Des communes de la Vallée de l’Homme s’engagent pour un cartable sain

Publié le 9 octobre 2026
La CC Vallée de l'Homme a lancé un nouveau projet autour des « fournitures saines »

La CC Vallée de l'Homme a lancé un nouveau projet autour des « fournitures saines »

Stylos, feutres, gommes, colle…quoi de plus inoffensif qu’une trousse d’élève ? Et pourtant, si l’on n’y prend garde, certains de ces objets contiennent des solvants et autres composants chimiques qui peuvent perturber la santé des enfants. En Dordogne, La Communauté de Communes Vallée de l’Homme a lancé un nouveau projet en faveur de la santé environnementale : les fournitures saines et durables. Rencontre avec Marie-Laure Villesuzanne, responsable développement territorial et Clémence Pouclet, experte en santé environnement qui accompagne le projet.

Stylos, feutres, gommes, colle…quoi de plus inoffensif qu’une trousse d’élève ? Et pourtant, si l’on n’y prend garde, certains de ces objets contiennent des solvants et autres composants chimiques qui peuvent perturber la santé des enfants. En Dordogne, La Communauté de Communes Vallée de l’Homme a lancé un nouveau projet en faveur de la santé environnementale : les fournitures saines et durables. Rencontre avec Marie-Laure Villesuzanne, responsable développement territorial et Clémence Pouclet, experte en santé environnement qui accompagne le projet.

Dans quel contexte s’inscrit cette démarche ?

M-L Villesuzanne : Depuis 15 ans, nous menons avec Isabelle Farbos d’Habitat Santé Environnement la démarche « nettoyage sain » en supprimant les produits d’entretien contenant des molécules chimiques indésirables dans les crèches, centres de loisirs, gymnases, salles des fêtes et bâtiments administratifs.

Aujourd’hui 20 des 26 communes sont labellisées, le personnel a été formé aux bonnes pratiques. La collectivité souhaite aller plus loin en s’attaquant à une autre source d’exposition : les fournitures administratives, scolaires et le matériel de loisirs créatifs. L’idée est venue d’Isabelle Farbos qui a déjà expérimenté une telle démarche, HSEN* décerne le label « cartable sain ».

Même si la CCVH n’a pas les compétences scolaires, il nous semblait intéressant d’accompagner les communes. Ce projet de « fournitures saines et durables » a été retenu dans le cadre de l’appel à projets 2025 « Plan Zéro Exposition » de l’Institut National du Cancer (INCa), qui en finance l’intégralité des prestations à destination des structures accueillant des enfants.

20
Communes labellisées
9
Ecoles engagées
Conjuguer santé et protection de l’environnement

C. Pouclet : De nombreuses fournitures du quotidien peuvent contenir des conservateurs irritants/allergisants que nous retrouvons dans beaucoup de fournitures (gouache, colle, feutres) et ce sont ceux-là que nous traquons souvent. D’autres peuvent contenir des solvants ou des perturbateurs endocriniens comme les phtalates. Même en petites quantités, ces molécules s’accumulent dans l’air intérieur des lieux où enfants et adultes passent le plus de temps, avec des effets potentiels sur la santé, y compris à faible dose. 

On peut trouver facilement des alternatives. Il existe par exemple des colles sans solvants, des gommes sans PVC* en caoutchouc naturel, des gouaches en poudre ou encore des crayons fluo surligneurs secs en bois. La démarche peut être étendue dans une logique de développement durable, avec par exemple les stylos rechargeables ou les protèges cahiers cartonnés, sans PVC ni polypropylène.

M-L Villesuzanne :  C’est un projet sur 3 ans. La démarche prévoit de repérer les sources d’exposition, de proposer des fournitures alternatives aux acheteurs publics, et de sensibiliser élus, agents, enseignants, parents et enfants à travers des ateliers, conférences et formations. On s’appuie sur l’expertise d’Isabelle Farbos qui propose par exemple un atelier « cartable sain » auprès des élèves et des conférences auprès des parents, où elle présente toutes les fournitures et alternatives possible.

L’idée est d’apprendre à se protéger des molécules nocives, à décoder les étiquettes en scrutant les pictogrammes et les labels fiables, à choisir des fournitures en évitant solvants, métaux lourds, conservateurs ou tout autre composant polluant, etc. Clémence Pouclet de L’Avis en Vert travaille de concert. 


De nombreuses fournitures du quotidien peuvent contenir des substances toxiques

C. Pouclet : Nous avons opté pour du sur-mesure. Je me déplace dans les écoles pour discuter avec chaque directeur et équipe pédagogique afin de les sensibiliser à la qualité sanitaire du matériel. Je motive les écoles à organiser les animations de sensibilisation. J’analyse les catalogues. Je leur propose des listes de commande sur des critères santé-environnement. C’est un outil concret, prêt à l’emploi. Elles testent avec leurs élèves les produits. Par exemple, on s’est rendu compte que les enfants adoraient tailler les crayons. Les marqueurs secs pour les ardoises fondent comme neige au soleil …

Neuf écoles sur les 11 que compte la communauté de communes se sont engagées dans la démarche dont 4 sont pilotes. Parmi les freins, il y a bien sur la question du budget. Les surligneurs secs par exemple sont plus couteux au départ mais durent plus longtemps. Nous réfléchissons à la mise en place de groupement d’achat de toutes les fournitures. Et nous espérons convaincre l’ensemble des écoles d’ici 2 ans ! Les premiers retours sont positifs.

Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?

Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.

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