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Des Bulles pour se nourrir sainement  

Publié le 5 juin 2026
150 participants, dont des étudiants, ont reçu 100 Bulles par mois

150 participants, dont des étudiants, ont reçu 100 Bulles par mois

La Bulle, monnaie locale complémentaire de Charente, a porté une expérimentation de Sécurité sociale de l’alimentation (SSA) visant à répondre à un enjeu simple mais majeur : permettre à chacun d’accéder à une alimentation de qualité, choisie et locale. Concrètement, 150 participants (familles monoparentales bénéficiaires du RSA et étudiants) ont reçu 100 Bulles par mois (équivalent à 100 euros) pour faire leurs courses auprès de producteurs et commerces locaux, avec une priorité donnée aux produits bio. Ce soutien financier s’accompagnait d’ateliers d’éducation à l’alimentation. Rencontre avec Marine Grosset, présidente de l’association Poivre MLC, gestionnaire de la Bulle.

Le constat de départ est sans ambiguïté : l’alimentation est un déterminant majeur de santé, mais l’accès à une alimentation de qualité reste profondément inégal. L’expérimentation charentaise s’inscrit dans une réponse structurée à cette réalité.

Co-construite avec le Conseil départemental, le CREPAQ*, le SCCUC et La Bulle, elle visait trois objectifs clairs : garantir un accès digne et non stigmatisant à l’alimentation, soutenir une économie locale et durable, produire des données scientifiques sur les impacts sanitaires, économiques et sociaux. Un comité scientifique associant le Centre hospitalier d’Angoulême, l’INRAE* et des équipes universitaires bordelaises a permis d’évaluer rigoureusement le dispositif.

Le projet ne s’est pas limité à une aide financière. Il a intégré une dimension éducative essentielle. Pendant 11 mois, les participants ont été accompagnés via des ateliers cuisine autour de produits de saison, des balades gourmandes pour réapprendre à fréquenter les marchés, des temps d’échange et de sensibilisation. Les ateliers, animés par le CREPAQ*, ont permis d’agir sur les connaissances et les changements d’habitudes. Les bénéficiaires devaient assister au moins à un atelier.

En ce qui concerne les étudiants, les ateliers étaient financés dans le cadre de l’appel à projet Santé-environnement de la région Nouvelle-Aquitaine. L’objectif était clair : agir sur les pratiques et pas seulement sur le pouvoir d’achat.

150
Participants
100
Bulles par mois.
Les bénéficiaires ont pu discuter avec les producteurs

Le comité scientifique avait mis en place différentes évaluations. L’idée étant de renseigner les impacts d’une sécurité sociale de l’alimentation sur notre société. Les résultats sont nets. Sur le plan individuel, on note une amélioration de la qualité alimentaire (plus de produits frais), une meilleure régularité des repas, une diminution de la fatigue, un regain d’envie de cuisiner et une baisse du renoncement alimentaire.

Sur le plan social, les ateliers ont clairement généré des liens, une reprise d’activités collectives, une entraide entre participants, ainsi qu’une amélioration de la stabilité émotionnelle. 

Sur le plan territorial, le projet, à travers la circulation monétaire ancrée en Charente,  est un levier  stratégique au service de l’économie  locale. En fléchant les dépenses vers des acteurs locaux, elle garantit que l’argent injecté bénéficie directement au territoire. Elle transforme une aide sociale classique en un outil de développement local.

Ces accompagnements permettent de sortir d’une logique d’assistance 

Cette expérimentation démontre une chose simple : quand on donne les moyens, les gens changent leurs pratiques. Mais cela ne fonctionne que si trois conditions sont réunies : un soutien financier réel, un accompagnement éducatif, un ancrage local des dépenses.

Les bénéficiaires des Bulles n’avaient pas pour habitude d’aller, par exemple, au marché pour faire les courses alimentaires. Les balades gourmandes ont pu lever ce frein afin qu’ils se sentent légitimes dans des commerces jusqu’ici jugés inaccessibles. Les bénéficiaires ont pu discuter avec les producteurs, un peu de tout, de recettes, de saison, de comment on cultive des légumes…, dans la simplicité. Les ateliers ont permis également  la prise de conscience des liens santé-environnement et la connaissance de solutions alternatives pour  une alimentation saine.

Ces accompagnements  permettent de sortir d’une logique d’assistance pour aller vers une logique d’autonomie et de choix éclairés favorisant la santé.

L’expérimentation n’a pas été reconduite à ce stade par le Département qui finançait le projet. C’est une limite claire. Mais les résultats sont là. La suite est politique. La Bulle, elle, a montré que des solutions concrètes existent déjà à l’échelle locale.

Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?

Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.

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