Un projet expérimental de pâturage pour lutter contre l’ambroisie
L’ambroisie est une plante opportuniste envahissante, qui concurrence les cultures printanières
De nombreuses personnes y sont allergiques mais elles pourraient bien faire le bonheur des ovins, caprins et bovins des éleveurs du Nord Charente. Un projet expérimental va commencer. Les troupeaux seront accueillis sur les champs des agriculteurs voisins pour brouter cette plante invasive qui ruine les récoltes mais aussi la santé en raison de son pollen fortement allergisant.
Une plante opportuniste
Arrêté préfectoral, réunions publiques, chantiers d’arrachage, formations, sensibilisations…, les départements s’arment du mieux qu’il peuvent pour limiter sa progression. Car l’ambroisie est une plante opportuniste envahissante, qui concurrence les cultures printanières telles que le tournesol, le mais ou la luzerne, jusqu’à les étouffer si elle n’est pas arrachée à temps.
Le Nord Charente, zone céréalière où la terre est travaillée tous les ans, lui offre un terrain idéal. Et si la plante est nocive pour l’homme, elle est non seulement inoffensive pour les animaux mais c’est également une plante riche en protéine, similaire à celle d’une légumineuse, qui peut remplacer le foin, comme l’a démontré le projet INTER-AGIT+ en Dordogne. Le pâturage de l’ambroisie est une solution émergente et qui a fait ses preuves.

Une expérimentation de pâturage estival
Fort de ce constat, le CIVAM*Centres d'Initiatives pour Valoriser l'Agriculture et le Milieu rural du Pays du Ruffécois, association d’agriculteurs du Nord Charente, la Maison de l’Agriculture Biologique 16 et d’autres partenaires dont le PETR*Pôle d’équilibre territorial et rural du Pays du Ruffécois ont co-construit un projet « lutter contre l’ambroisie à feuilles d’armoise par le pâturage estival », projet sur la gestion alternative de l’ambroisie.
Ce projet, baptisé « PARTAGEE » a pour objectif de mettre en place une expérimentation pour acquérir des références et des retours d’expériences sur cette pratique et de pouvoir, au regard des conclusions, mettre en place des actions pour la déployer sur d’autres fermes.
Il s’agit de mener des enquêtes puis une expérimentation sur 8 à 15 fermes réparties sur trois territoires (principalement Charente, ainsi que sud Deux-Sèvres et Dordogne).
Pour compléter, des journées techniques, des webinaires, des interventions en établissement agricoles, sont prévus tout au long du projet.

Une enquête en ligne
Au préalable, une enquête est en ligne jusqu’à fin septembre pour recenser le niveau de connaissances de l’ambroisie et les moyens de gestion actuels mis en œuvre sur les fermes.
Grâce à des questions précises (Vous êtes agriculteur. Connaissez-vous cette plante ? Y en a-t-il sur votre ferme ? Quels moyens de gestion utilisez-vous ? D’après vous, l’ambroisie présente-elle un risque pour les animaux… ?), les informations recueillies dans ce questionnaire seront utilisées uniquement dans le cadre du projet PARTAGEE afin d’analyser les pratiques et besoins liés à la gestion de l’ambroisie.
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
