PFAS : le bassin Adour-Garonne se dote d’une stratégie
Les PFAS, surnommés « polluants éternels »
Les PFAS, surnommés « polluants éternels » en raison de leur très forte persistance dans l’environnement, sont désormais identifiés comme un enjeu majeur pour la qualité de l’eau et la santé. Le Comité de bassin Adour-Garonne a adopté en juillet une stratégie de lutte contre les PFAS déclinée en 5 axes. Une première étape, qui va se traduire en actions concrètes.
Cette grande famille de molécule est utilisée dans de nombreux produits de la vie courante pour ses propriétés antiadhésives, imperméabilisantes et leur résistance à la chaleur. Autant dire qu’on les retrouve dans de nombreux produits de consommation : cosmétique, textile, batterie, produits pharmaceutiques, traitement des eaux, peintures, papier, chauffage…
« Les PFAS*Les alkyls perfluorés et polyfluorés (PFAS) sont un groupe incluant plus de 4 700 produits chimiques d’origine anthropique largement utilisés qui s’accumulent au fil du temps chez l’être humain et dans l’environnement peuvent être transportés par les eaux superficielles, migrer vers les nappes souterraines, être diffusés dans l’air, s’accumuler dans les sédiments et être absorbés par les organismes vivants. Toutes les molécules PFAS ne présentent pas le même niveau d’impact sur la santé. Certaines substances comme les PFOA et les PFOS sont des perturbateurs endocriniens et ont un effet cancérogène. D’autres effets possibles incluent des perturbations du système digestif et reproducteur. Un autre enjeu majeur de connaissance concerne la compréhension des interactions entre l’ensemble des PFAS et les autres substances chimiques présentes dans le milieu, connues sous le nom d’« effets cocktails » », précise le document.

Cinq axes
« L’amélioration de la connaissance reste le premier défi à relever sur les PFAS*Les alkyls perfluorés et polyfluorés (PFAS) sont un groupe incluant plus de 4 700 produits chimiques d’origine anthropique largement utilisés qui s’accumulent au fil du temps chez l’être humain et dans l’environnement : sans une connaissance fine des sources de pollution, des mécanismes de transfert dans l’environnement et des impacts sur la santé et les écosystèmes, impossible d’agir efficacement », indique la stratégie d’actions contre les PFAS du bassin Adour-Garonne.
Le premier axe est donc le nécessaire renforcement des dispositifs de surveillance pour mieux comprendre cette contamination. Et en effet, menée le long de la Garonne et de la Gironde par le CNRS*Centre National de la Recherche Scientifique et l’IRD*Institut de Recherche pour le Développement, l’étude Garbure a mis en évidence une présence systématique de ces molécules dans les cours d’eau, avec des concentrations plus soutenues à proximité des zones urbaines et industrielles. La déploie stratégie quatre autres axes : identifier les sources de contamination, anticiper les solutions de traitement, soutenir la recherche et favoriser le partage des connaissances.

Des études et expérimentations en cours
Sur le terrain, il existe déjà des actions de renforcement des dispositifs de surveillance des eaux superficielles, des eaux souterraines, des rejets industriels, des eaux usées domestiques et des boues d’épuration, des eaux destinées à la consommation humaine. Le projet Atmo, vise à étudier la présence et les transferts des PFAS*Les alkyls perfluorés et polyfluorés (PFAS) sont un groupe incluant plus de 4 700 produits chimiques d’origine anthropique largement utilisés qui s’accumulent au fil du temps chez l’être humain et dans l’environnement et des résidus de phytosanitaires entre l’air, les retombées atmosphériques et les eaux, notamment sur la régions Nouvelle Aquitaine.
Il existe également des projets pour anticiper les enjeux. A Mont de Marsan, une expérimentation portée par le conseil départemental des Landes et accompagné par l’Agence teste des technologies de pointe pour mieux mesurer, traiter les micropolluants. Plusieurs configurations de traitement issues de combinaisons de procédés d’adsorption sur charbon actif, d’oxydation poussée, de filtration membranaire et ultra-violets vont être testées.
Pour soutenir la recherche, un Appel à Manifestation d’Intérêt a été lancé en 2024, pour identifier les entreprises, les chercheurs, les apporteurs de solutions, les collectivités et les entreprises volontaires pour expérimenter ou explorer des besoins spécifiques de traitement. Plusieurs sites pilotes dont les centres hospitaliers de Bergerac (24) et de Bordeaux (33), la station d’épuration de Saint-Jean (31) et l’unité de potabilisation de La Rochelle (17) ont été sélectionnés et pensés comme des initiatives reproductibles.
Enfin, l’instauration d’une redevance sur les rejets industriels à partir de septembre 2026 concrétise le principe pollueur-payeur et fixe un objectif de réduction des émissions de 70 % d’ici 2027 et de 100 % à l’horizon 2030.
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
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