Incendies : quels impacts pour la santé ?
L’ARS Nouvelle-Aquitaine a communiqué tout l’été face aux inquiétudes
De violents incendies ont ravagé cet été la Gironde et les Landes. Les fumées se sont échappées dans de nombreuses villes, bien au-delà de la zone touchée par les flammes. Quels risques représentent-elles pour la santé ? Faut-il porter un masque ? Quelles recommandations pour le retour à domicile ? L’ARS Nouvelle-Aquitaine a communiqué tout l’été face aux inquiétudes sur les questions sanitaires soulevées par les incendies.
Que contiennent les fumées ?
Les feux de végétation libèrent du monoxyde de carbone, du dioxyde de carbone ainsi que différents composés organiques volatils dont l’acroléine, le formaldéhyde et le benzène et des particules dans l’air dangereux pour nos organismes, rappelle l’Anses sur son site. Les particules fines, en particulier, sont particulièrement nocives car elles peuvent pénétrer les poumons en profondeur.
Mais ces fumées peuvent également contenir d’autres polluants en cas de combustion de véhicules ou de bâtiments. Elles sont associées à une irritation des yeux, de la gorge, une toux, des maux de tête ou un essoufflement. Les enfants, les personnes âgées, les femmes enceintes et les personnes souffrant d’asthme, de maladies respiratoires ou cardiovasculaires sont les plus fragiles. En cas d’exposition directe, porter un masque filtrant (de type FFP2) est nécessaire, précise l’ANSES*Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail.

Des consignes claires de nettoyage pour le retour à domicile
Quelles sont les consignes à respecter ?
Même après la fin de l’incendie, des cendres, suies et poussières issues de la combustion peuvent rester présentes dans l’environnement (sols, jardins, terrasses, mobilier extérieur, véhicules, bâtiments…). Ces dépôts peuvent contenir des particules fines susceptibles d’être remises en suspension lors du nettoyage, et ainsi être inhalées.
Comme le précise l’ARS*Agence Régionale de Santé Nouvelle-Aquitaine sur ses communiqués, la principale consigne consiste à éviter d’aérer son logement tant que les concentrations de particules restent élevées, afin de conserver un air intérieur le plus sain possible. Les habitants sont invités à consulter les mesures de qualité de l’air publiées par Atmo, le service national de surveillance de la qualité de l’air, pour savoir à quel moment il est préférable d’ouvrir les fenêtres ou de pratiquer une activité extérieure.
Il s’agit également d’éviter d’utiliser un aspirateur classique pour nettoyer des cendres ou poussières fines, celui-ci pouvant remettre des particules en circulation dans l’air intérieur et privilégier un nettoyage humide des surfaces (lavage à l’eau, serpillière, éponge humide). Ou encore de retirer et de laver séparément les vêtements utilisés pour le nettoyage, de ne pas secouer textiles (rideaux, tapis, vêtements) à l’intérieur du logement.

Vous avez également un axe qui concerne les risques professionnels ?
Oui, en ce qui concerne la branche des accidents du travail et maladies professionnelles, les agents des Carsat sont en capacité d’identifier l’exposition aux risques selon les différents secteurs professionnels. Certains salariés sont plus touchés par la problématique des perturbateurs endocriniens. Je pense par exemple aux coiffeurs, confrontés aux produits cosmétiques ou encore aux prothésistes ongulaires à qui il faut proposer des solutions alternatives. C’est un axe que nous souhaitons développer avec eux.
Peut-on consommer les légumes du potager et boire l’eau du robinet ?
« Il convient de nettoyer les fruits et les légumes et en ce qui concerne les légumes racines et les tubercules, il faut les éplucher et les rincer », recommande Frédérique Chemin, de l’ARS*Agence Régionale de Santé Nouvelle Aquitaine dans une courte vidéo.
En ce qui concerne le retour à domicile des habitants des zones évacuées ou les habitations impactées par les poussières, cendres ou suies, Frédérique Chemin détaille : « avant de consommer l’eau du robinet, il faut purger l’eau des canalisations intérieures en la laissant couler 2 minutes, comme après toute absence prolongée de son domicile (cette eau peut être récupérée pour d’autres usages : entretien ménager, lavage des mains) ».
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
Consultez nos articles similaires
Pesticides dans l’air : une nouvelle carte interactive
Les AASQA désignées pour coordonner la surveillance des pollens
Un protocole « allergie » étend les compétences des pharmaciens de la CPTS Ouest Gironde
