Pesticides dans l’air : une nouvelle carte interactive
PhytAtmo Dataviz, une datavisualisation nationale des pesticides dans l’air
La fédération des associations de surveillance de la qualité de l’air a mis en ligne une datavisualisation nationale des pesticides dans l’air. Une manière d’inciter les décideurs à prendre des mesures de prévention en cas de concentrations trop importantes, notamment dans les régions agricoles.
Après la plateforme « Dans mon eau », qui permet de connaître l’état de contamination de son eau du robinet, voici une nouvelle carte qui mesure la présence et la concentration de certains pesticides dans l’air.
Lancée fin mars par l’organisme de surveillance de la qualité de l’air Atmo France, baptisée PhytAtmo Dataviz, cette carte est un « outil interactif » pour rendre « accessible au plus grand nombre les données issues des mesures de pesticides respirés par la population », précise Atmo France dans un communiqué.
En Nouvelle-Aquitaine, une cinquantaine de sites sont suivis de près par Atmo Nouvelle-Aquitaine, majoritairement situés en zones rurales, notamment les régions viticoles en Aquitaine, des vergers en Limousin ou des zones de grandes cultures en Poitou-Charentes.

Un outil de repérage et d’aide à la décision
Chacun peut donc vérifier s’il se situe en zone exposée. Ces informations ne constituent pas une évaluation sanitaire », précise Atmo France, mais doivent apporter « des repères » dans « la prévention » et « la décision publique », « dans un contexte où il n’existe pas de valeurs réglementaires pour les pesticides dans l’air.
Difficile donc d’afficher clairement l’impact sur la santé de ces taux puisqu’il n’y pas de limites définies qui indiquent si leur niveau est acceptable ou non. « Cela permet en revanche de repérer plus facilement si la situation sur un site est inhabituelle ou mérite une attention particulière. Les données sont également transmises à l’ANSES*Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail et à l’ARS*Agence Régionale de Santé pour évaluer les dangers sanitaires », précise Julie Gault, responsable communication à Atmo Nouvelle-Aquitaine.

Premiers résultats
Cette première version s’appuie sur les données 2022 et 2023, issues des mesures réalisées par les AASQA*Associations Agréées de Surveillance de la Qualité de l'Air. Une mise à jour intégrant les données 2024 est prévue en 2026, puis chaque année.
Les résultats sont sans ambiguïté sur un point : des pesticides sont présents dans l’air sur l’ensemble du territoire, y compris en dehors des zones rurales (en moindre quantité) ainsi que des molécules interdites depuis plusieurs années.
En Nouvelle-Aquitaine en 2022, détaille Julie Gault, « sur 107 molécules recherchées, 53 ont été enregistrées et quantifiées et en 2023, sur 109 molécules, 47 ont été quantifiées Les niveaux varient selon les territoires et les périodes d’utilisation agricole. Sur les zones de grandes cultures, on retrouve des insecticides tandis que sur les régions viticoles, ce sont plus des fongicides pour lutter contre les champignons. »
Des molécules interdites depuis des années
Du lindane, insecticide interdit depuis 1998, a été retrouvé. Parmi les 32 substances jugées prioritaires par l’Anses, le lindane est considéré comme l’une des plus dangereuses, avec des effets cancérogènes, reprotoxiques et perturbateurs endocriniens avérés. Un schéma explique comment des produits retirés du marché il y a des années de cela peuvent se trouver encore dans l’air que nous respirons. Les molécules des pesticides étant très difficilement dégradables, elles sont très résistantes, peuvent rester longtemps dans le sol et remises en suspensions dès qu’il y a un travail de la terre.
Les résultats du prosulfocarbe étaient particulièrement attendus en Charente-Maritime, un taux record ayant été enregistré en Charente-Maritime en 2021. Un an plus tard, sa concentration a été divisée par 2.
Deux facteurs pourraient expliquer cette baisse selon Julie Gault : « une médiation a été mise en place pour trouver des solutions, le travail de sensibilisation effectué par l’Agglomération de La Rochelle et la Chambre d’Agriculture, ainsi qu’une météo différente en 2022. Mais ce ne sont pour le moment que des hypothèses. Si nous menons un travail d’interprétation autour de ces données, nous avons besoin de plus de recul pour savoir si cette diminution est liée à un changement de pratiques ou à des variations météorologiques.”
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
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