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Un protocole « allergie » étend les compétences des pharmaciens de la CPTS Ouest Gironde

Publié le 15 mai 2026
La CPTS fournit des affiches à installer sur la devanture de l’officine

La CPTS fournit des affiches à installer sur la devanture de l’officine

Pour la 2ème année consécutive, la CPTS Ouest Gironde renouvelle le protocole de délégation de tâches sur la rhinite et conjonctivite allergique. Outre les conseils de prévention, les pharmaciens peuvent délivrer des médicaments pour les allergies sans ordonnance d’un médecin. Cette année, 12 pharmacies supplémentaires ont été formées.

Qualifiées d’« épidémie silencieuse », les allergies touchent aujourd’hui un Français sur trois. Un défi pour la santé publique d’autant plus préoccupant que les spécialistes sont de moins en moins nombreux. Derrière leur comptoir, les pharmaciens sont confrontés à de nombreux patients démunis, aux yeux rougis et en quête de traitements.

Rhinite, conjonctivite, mais, comme le précise Christine Cauchetier, pharmacienne, membre de la CPTS* Ouest Gironde : « si le rhume des foins est d’apparence bénin, il peut évoluer en asthme. Cette expérimentation répond à un vrai besoin, d’autant que certains patients étaient atteints pour la première fois et donc particulièrement inquiets ». 

19
Pharmacies engagées
115
Patients pris en charge
Conseils associés

Concrètement, comment est-ce que cela se passe, lorsque le patient se présente au comptoir avec des symptômes évocateurs de rhinite ou de la rhino-conjonctivite allergique ? Christine Cauchetier, qui a participé à la mise en place du protocole, explique : « le pharmacien évalue son état, lui délivre ses conseils et  prescrit si besoin un traitement adéquat, pour une durée de 30 jours, qui peut aller des antihistaminiques aux collyres ou encore aux sprays nasaux anticorticoïdes ».

L’ordonnance du pharmacien se fait en délégation du médecin qui est mentionné sur l’ordonnance, ouvrant droit à son remboursement par l’Assurance-maladie.

Pour Christine Cauchetier : « c’est une bonne chose d’associer le pharmacien dans la lutte contre les allergies. Nous prenons également du temps pour orienter les patients vers de la sensibilisation aux bons gestes. Avant de parler de traitement, la priorité va à la prévention et à l’évitement. Nous recommandons d’aérer le logement avant le lever et après le coucher du soleil, lorsque les pollens ne sont pas encore en pleine prolifération, de ne pas faire sécher son linge à l’extérieur, et de se rincer les cheveux le soir car ils sont des pièges pour les particules qui risquent de se déposer sur l’oreiller. On mentionne de se référer au calendrier pollinique même si de nombreux patients ne connaissent pas la substance à laquelle ils sont allergiques ».

Bilan de l’expérimentation en 2025

Cette expérimentation girondine, en partenariat avec un syndicat de pharmaciens (Uspo), a mobilisé médecins et pharmaciens adhérents à la CPTS* Ouest Gironde (Mérignac, Pessac, Martignas sur Jalles et Saint Jean d’Illac) autour d’un arbre d’orientation clinique validé par le Conseil national pharmaceutique (CNP). Le dispositif, déclaré à l’ARS*, prévoit également la formation des pharmaciens avant d’intégrer ce protocole de coopération.

«  Il s’agit », précise Christine Cauchetier, « d’une formation de 4 heures avec un médecin généraliste et moi-même, où l’on aborde l’épidémiologie, la description des traitements, la clinique, la prise en charge, les traitements appropriés… Des ordonnances types exhaustives sont mises à disposition. Et la CPTS* fournit des affiches à installer sur la devanture de l’officine pour prévenir les patients du dispositif ».

Sur la période d’avril à septembre 2025, 115 patients ont été pris en charge au sein des sept premières pharmacies engagées. Aucune réorientation vers le médecin délégué ou traitant n’a été nécessaire et « aucun incident notable ni effet indésirable » n’ont été remontés. Pour les pharmaciens comme les patients, « le protocole a participé à l’amélioration de l’accès aux soins et a été apprécié par les patients ».

Comme le précise Christine Cauchetier : «  obtenir un RDV chez un allergologue s’apparente parfois à un parcours de longue haleine. L’errance médicale est une réalité et malheureusement, l’inflammation peut évoluer en asthme. Sur les 115 patients, 18 n’avaient pas de médecins traitants. Dans ces cas là, le dispositif est véritablement positif, il permet d’agir au plus vite avant d’aller voir son médecin si nécessaire ».

Douze nouvelles pharmacies ont rejoint le dispositif en 2026. Christine Cauchetier conclut : « j’ai été sollicitée par d’autres CPTS* de la France entière pour présenter le protocole. Nous le mettons à disposition avec plaisir ».

Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?

Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.

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