Appuyer sur pause : un défi 10 jours sans écrans
L’affiche du défi
Ils sont plus de 138 000 enfants et adolescents à avoir relevé le défi : le 28 mai dernier s’est terminée la 9ᵉ édition du défi « 10 jours sans écran », portée par l’association éponyme, présidée par un instituteur basque. De la crèche au lycée, plus de 968 établissements se sont inscrits cette année pour sensibiliser les jeunes aux risques des écrans.
Mission impossible ?
Passer dix jours sans écrans, une mission impossible ? Inspiré d’une initiative québécoise, cette expérience de « jeune numérique » attire de plus en plus d’établissements. Tout a commencé en 2018 avec 34 structures du Pays Basque, du Béarn, de Vendée et de Paris qui avaient réussi l’exploit de se passer d’écrans de loisirs pendant 10 jours. Il faut dire que le sujet se taille une place dans l’espace public en raison des problèmes entraînés par les effets d’une exposition précoce aux écrans : manque de sommeil, disputes parents-enfants au sujet des écrans, sédentarité, obésité ou encore des problèmes de développement cognitif chez les jeunes trop exposés.

Le carnet de bord
Un défi ludique
Pour motiver les enfants à tenir dix jours sans téléphone, consoles ou ordinateurs, l’association « 10 jours sans écrans » propose un Kit (carnets de bord, badges, affiches, guide parents) et un challenge.
Le principe est simple. Cela se présente sous forme de défi, initié par l’école, la crèche ou le collège et prolongé à la maison : il s’agit pendant dix jours de se passer au maximum d’écrans de loisirs. Chaque jour, six points à gagner. On réussit à se passer d’écran avant d’aller à l’école ? Un point. Sur l’heure du midi ? Un autre point. On a même droit à un point de plus… si on ne se réveille pas durant la nuit pour regarder ses notifications.
À chaque période déconnectée, l’enfant gagne des points, qui sont intégrés au compteur collectif de l’école. Ces points cumulés invitent à vivre le défi comme une réussite collective et à s’encourager les uns les autres, comme dans une équipe.

Les collectivités mobilisées
Pendant la durée du challenge, écoles, parents, associations ou collectivités territoriales soutiennent le défi en organisant de nombreuses activités sur les temps extra-scolaires : idées de sorties et d’activités manuelles, culturelles et sportives.
Bordeaux est l’un des endroits où le taux de participation des écoles est le plus élevé dans le pays, avec 56 écoles élémentaires et maternelles sur les 117 de l’agglomération. Pour les aider à se passer de la fameuse lumière bleue, la Ville, très investie, a proposé de multiples alternatives : des ateliers Do It Yourself*Appellation qui désigne le faire de faire par soi-même : créer ou réparer des objets de la vie courante, par exemple. pour fabriquer un soin pour le corps ou pour apprendre à créer un jeu en bois de réemploi.
Les centres d’animations et les médiathèques proposaient balades en forêt, concerts, initiations de capoera, de kung fu et des conférences sur l’usage des écrans…
Et pour incarner ce message, la Ville avait choisi une ambassadrice de choc : Lucie Schoonheere, championne de skate de la Team Bordeaux.
Un sevrage bénéfique
Officiellement, l’objectif est d’être la classe qui obtient le plus de points dans toute l’école, ou encore l’établissement qui figure sur le podium dans la ville. Dans les faits, le but est d’éloigner les élèves des écrans le plus possible et de leur faire découvrir d’autres façons d’occuper leur temps libre. La majorité des familles retrouvent le plaisir partagé de rejouer ensemble, les parents remarquent que leurs enfants sont plus apaisés, se reconnectent aux autres, à la nature…
L’enjeu est aussi de provoquer une prise de conscience sur la puissance de l’industrie du numérique qui arrive à modifier complètement nos comportements au détriment de notre santé physique et mentale et de notre bien-être.
Dans un questionnaire réalisé à la suite de l’édition précédente, 44 % des parents avaient noté une augmentation du temps passé avec leur enfant. C’était le changement le plus cité devant l’augmentation de la lecture (38 %) et de l’amélioration de l’entraide familiale ( 33 %).
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
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