Ordonnances vertes : un débouché structurant pour l’agriculture bio locale
60 participants ont assisté à la table ronde
A l’occasion de leur assemblée générale, Bio Nouvelle-Aquitaine, fédération régionale d’agriculture biologique, a organisé une table ronde dédiée aux ordonnances vertes, dynamique qu’elle accompagne sur son territoire. Au-delà des bénéfices pour les futures mères, ce dispositif révèle également de vrais atouts pour les collectivités locales et s’impose comme un outil structurant au service de politiques territoriales intégrées : santé, alimentation, agriculture et environnement.
Et si un panier de légumes bio pouvait changer la donne pour la santé, l’environnement… et l’agriculture locale au sein de son territoire ? C’est tout l’enjeu des ordonnances vertes. Le dispositif innovant a pris racine dans 13 communes et agglomérations de Nouvelle-Aquitaine.
Pour en débattre, Louis-Adrien Delarue, Médecin généraliste à Angoulême, porte-voix du collectif « Alerte Médicale sur Les Pesticides les perturbateurs endocriniens » a commencé la table ronde. Dans un contexte où les pathologies environnementales explosent, il a rappelé le fonctionnement des perturbateurs endocriniens, dont le principe n’est pas inéluctable : « en réduisant les expositions, les gènes redeviennent sains » et rappelé que « l’alimentation est la première cause d’imprégnation de la population » tout en soulignant la forte sensibilité de certaines périodes de vie : préconception, adolescence, ménopause. L’AMPL s’est positionné sur l’accompagnement du dispositif, notamment via l’élaboration d’une charte, de ressources et d’outils.

Un dispositif qui permet de soutenir la transition agroécologique
Coté collectivité, le dispositif est également un atout. Pour l’agglomération Grand Cognac (Charente), l’encouragement de l’agriculture bio a fait mouche : « Nous sommes dans une zone largement viticole, nous souhaitions encourager l’installation de maraîchage bio. On tâtonnait dans différentes directions : achat de foncier, accompagnement de la restauration bio…. Ce dispositif est idéal. Il repose sur une action transversale et stratégique multipartenariale qui permet entre autre de soutenir la transition agroécologique à l’échelle territoriale», plaide Laetitia Four, directrice du pôle développement durable de Grand Cognac.
En effet, il permet à la fois de stabiliser la demande pour les producteurs locaux engagés, en leur assurant un revenu complémentaire régulier. Pour Laetitia Four, l’enjeu réside dans la capacité à inscrire le changement alimentaire dans la durée, au-delà du dispositif, notamment en analysant les pratiques des bénéficiaires après leur participation.

« Nous avons besoin de l’appui des médecins »
Cet enjeu est également au cœur des interrogations côté agriculteurs. Pour Simon Briand, maraîcher bio dans les Deux-Sèvres et administrateur d’Agrobio Deux-Sèvres, les ordonnances vertes représentent des opportunités supplémentaires. Non seulement, ils permettent de créer de nouveaux débouchés mais également de communiquer sur le lien entre agriculture et santé, soulignant l’importance de cet axe « il faut relayer cet atout santé, nous avons besoin de l’appui des médecins pour que les messages passent ».
Inscrire le changement alimentaire dans la durée
La table ronde a interrogé les freins et limites du dispositif. Côté «ancrage de bonnes habitudes», la plupart des programmes évaluent à 10% la part des bénéficiaires qui continuent de s’approvisionner chez le producteur après la fin des paniers.
Encore jeune, cette politique n’a pas fait l’objet d’évaluation médicale. La ville de Strasbourg, pionnière, vient tout juste de lancer un programme d’évaluation pluridisciplinaire, avec notamment l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm) concernant l’exposition aux polluants avant et après la livraison des paniers. Louis-Adrien Delarue a également évoqué la formation des infirmières « Asalée » à la santé-environnement, désormais efficiente en Charente.
Quant aux financements, le programme peine à trouver des partenaires hors collectivité. Globalement, l’initiative repose sur les contribuables locaux. Petite surprise lors de cette conférence, parmi les 60 participants représentant les collectivités, maraichers, coopératives, professionnels de santé, la Caisse primaire d’assurance maladie (CPAM*Caisse Primaire d'Assurance Maladie) de Gironde était présente, engagée dans un plan de lutte contre les perturbateurs endocriniens, soulignant son intérêt pour la démarche et des financements possibles.
L’initiative n’en finit pas de séduire…
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