Et si la canicule changeait nos villes ?
Un JT fictif qui revient sur la « super-canicule » de 2028
C’est une émission spéciale. Sous la forme d’un journal télévisé diffusé en 2040, cette fiction prospective revient sur la « super-canicule » de 2028, un épisode climatique extrême qui aurait bouleversé Bordeaux et accéléré la transition écologique du territoire. Les experts présents sur le plateau racontent la catastrophe, reviennent sur ses conséquences, présentent les adaptations de la ville. Et ce qu’il reste à faire jusqu’en 2050…
La « super-canicule » de 2028
Etrange printemps 2026, qui, avec ses airs d’été suffocant a pris au dépourvu de nombreuses villes, tant par sa précocité que par son intensité. Puis vint l’été, traversé d’épisode caniculaires et d’incendies.
Dans ce contexte, ce faux JT résonne avec une acuité brûlante où la fiction rejoint la réalité. Il propose une lecture fascinante de nos destins à travers le prisme du climat, qui bouleverse notre manière de vivre.
Diffusé sur la plateforme YouTube le 22 juin dernier, ce faux JT sur la « super canicule de 2028 » est né d’une initiative citoyenne dans le prolongement de la Convention citoyenne pour le climat organisée par la Ville de Bordeaux en 2023 et 2024. Pour prolonger les débats, des bénévoles ont imaginé la création de cette vidéo en s’appuyant sur les travaux d’experts, notamment de l’Université de Bordeaux, et avec la complicité de la chaîne TV7 qui a prêté son plateau.

Le scénario de la catastrophe
Durant une dizaine de jours du 20 au 30 juin 2028, Valérie Masson-Delmotte, paléoclimatologue explique qu’un « dôme de chaleur » s’installe sur la région bordelaise et surprend par son intensité. On atteint les 45 degrés en ville et on ne descend pas en dessous de 27 degrés la nuit.
Des incendies débutent. Rapidement tout est désorganisé. Les urgences hospitalières sont saturées malgré l’activation du plan blanc. On observe des pics de mortalité, la patinoire doit être réquisitionnée pour conserver les corps. Les gens fuient la chaleur dans leurs appartements et s’installent dans les parcs. Les piscines publiques sont prises d’assaut jour comme nuit, les écoles fermées. Les églises, gymnases sont réquisitionnés.
Les coupures d’électricités ne cessent de faire vaciller les climatisations, les transports, les systèmes alimentaires et les arbres dépérissent. La police est déployée pour réguler des émeutes… Suite à l’électrochoc, Le récit laisse place à un sursaut et des solutions.
Imaginer le monde d’après
Le futur est alors présenté non comme une fatalité mais comme un espace de décision. Les 5 experts invités expliquent que rétrospectivement, la catastrophe a créé un choc salutaire de réorientation complète de l’action publique en faveur d’une transition socio-écologique juste…
Une mobilisation citoyenne massive pousse les responsables politiques à engager une transformation profonde des politiques publiques. Les collectivités coopèrent avec l’État. Les scientifiques travaillent avec les territoires. Les habitants s’organisent. Les investissements suivent. Linda Cambon, « délégué interministérielle à la santé primordiale » explique que la notion d’exposome, de vulnérabilité a permis de structurer un plan d’action. Margaux Alarcon, enseignante-chercheuse en géographie souligne qu’une réorientation profonde du système alimentaire a vu le jour.
Éric Macé, sociologue , « directeur de l’institut de la durabilité de l’université de Bordeaux » aborde des actions de planification écologique qui ont vu le jour grâce à une nouvelle forme d’invention démocratique doté de conseils de citoyens. Bastien Castagneyrol, chercheur Inrae en écologie rappelle que les arbres urbains ne sont pas de simples éléments décoratifs : « Ils rafraîchissent l’atmosphère. On pense moins au fait qu’ils favorisent l’infiltration de l’eau dans les sols et que ce sont des hôtels pour la biodiversité. » « Il faut prendre la ville comme un métabolisme socio-naturel », renchérit Éric Macé, qui invite non plus à aménager la ville mais à la « ménager », en soignant les relations entre humains, mais aussi entre humains et non-humains.
Une approche systémique qui constitue le fil rouge de toute l’émission. La chaleur impacte la santé. La santé dépend en grande partie de l’alimentation, qui elle-même dépend de l’agriculture, dépendant de l’eau, dépendant des écosystèmes…Il doit aller discuter avec les politiques, avec les personnes au quotidien, et construire des questions de recherche avec les acteurs de la société. »

Ce qui reste à faire pour 2050
Éric Macé, plaide pour « le développement de véritables « sciences de la durabilité », capables de dépasser les frontières disciplinaires traditionnelles. Les chercheurs doivent discuter avec les politiques, avec les personnes au quotidien, et construire des questions de recherche avec les acteurs de la société. »
Ce JT fictif né d’une initiative citoyenne est lui-même une bonne démonstration de cette approche : climatologues, écologues, spécialistes en santé publique, chercheurs en alimentation et sociologues y construisent ensemble un récit cohérent qui doit éclairer les décideurs.
L’adaptation est l’affaire de tous, du citoyen au gouvernement, les politiques publiques oscillent souvent entre l’édiction de normes ambitieuses et leur assouplissement quelques mois plus tard.
Ce JT fictif met en scène une bifurcation démocratique qui aurait bel et bien lieu, afin d’en montrer tous les bénéfices. Le jeudi 29 octobre à 18h à la Maison éco-citoyenne, le JT sera projeté suivi les membres de la Convention Citoyenne sur le Climat.
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
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