Comment des ados questionnent la fast fashion et ses impacts sur la santé globale
Un court-métrage réalisé par Nora accompagne cette aventure collective
Nos adolescents sont des cibles parfaites pour les marques de fast-fashion. Bas prix, recommandations de leurs influenceurs préférés…en quelques clics, un nouveau t-shirt, saturé de substances toxiques, est livré, vite porté, aussitôt oublié… Pour reconnecter les ados aux réalités cachées de leurs vêtements, Barbara Mandin, plasticienne animatrice, créatrice d’histoires-cousue, a choisi de les aiguiller à travers un atelier de santé globale. Un spectacle participatif finalise cette réflexion, parce qu’eux aussi ont des choses à dire…à leur façon
Eveiller les jeunes à la notion de santé globale
A Niort, au Centre socio-culturel « De part et d’autre », une dizaine de jeunes de 15 à 20 ans se sont retrouvés avec Barbara Mandin, pour raconter une histoire. Celle d’un vêtement ou plutôt de millions de tonnes de textiles neufs ou portés très peu de fois, la majorité finissant enfouie ou incinérée. Mené sous le regard de Joëlle Lallemand de l’APIEE, en collaboration avec Vincent Bretagnolle chercheur au CNRS*Centre National de la Recherche Scientifique, dans le cadre du Programme d’Actions Innovantes (PAI) des NACSTI de Nouvelle-Aquitaine, « le projet, explique Barbara, c’est d’éveiller les jeunes à la notion de santé globale à travers le vêtement, qu’ils s’emparent du sujet et le transmettent avec leurs mots, leur vision. Les ateliers ont été découpés en plusieurs séances. »

Un vêtement qui raconte son histoire
« Nous avons commencé par discuter de santé-environnement en faisant défiler la vie d’un vêtement qui nait dans un champ de coton, un champ qui réclame des milliers de litres d’eau, de pesticides », détaille Barbara. Il traverse ensuite des usines. Des bains de teintures, ammoniaque, métaux lourds, traitements anti-tout, phtalates, pfas…
Des kilomètres de cargos. Des entrepôts. Des camions. Des vitrines. Il arrive enfin sous les néons d’une boutique. Promotion. Deux achetés. Le troisième offert. Il sera porté cinq fois. Puis oublié. Quelques mois plus tard, direction un sac de dons. Ou pire. Une décharge.
« Je leur parle des impacts sanitaires sur l’environnement (utilisation d’eau, de pesticides, émissions CO*Monoxyde de Carbone₂,) et sur leur propre santé avec la liste des substances qu’on y retrouve, des matières synthétiques comme le polyester sont bourrés de perturbateurs endocriniens… ».
Un court-métrage réalisé par Nora accompagne cette aventure collective, en donnant à voir ce que les images ne montrent pas toujours : des jeunes qui créent, qui doutent, qui expérimentent… et qui prouvent qu’une œuvre peut parfois faire davantage bouger les consciences qu’un long discours.

Un smartphone géant pour un spectacle interactif
« Au départ, explique Barbara, j’avais proposé au groupe la fabrication d’un Kamishibaï pour raconter cette histoire, ce théâtre japonais où les images glissent dans un cadre de bois. »
À sa place naît un immense smartphone en bois, avec un roulement à bille, jugé « moins ringard ». Vertical. Comme Instagram. Comme TikTok qui sera scrollé pour laisser apparaitre 6 planches qui développent les 6 thèmes choisis (effets écologiques désastreux, conditions de travail précaires, répercussion sur la santé…).
Un autre atelier animé par Guylaine Bigot leur permettra de formaliser des mots sous forme de haiku pour défendre leur vision. Les dernières séquences sont dédiées à fabrication des planches avec des tissus et vêtements. Le tout donnera lieu à un spectacle participatif.
« L’idée là aussi, c’est de faire naitre une conversation, un « papotage » autour de cette installation. A travers la vie d’un tshirt, sa composition, sa fabrication, ses impacts, il s’agit de débattre de cette course effrénée à la consommation en cherchant ensemble des alternatives. Que tout le monde reparte avec une question. C’est là que commence le changement ! »
Le projet voyagera ensuite dans les festivals, les bibliothèques, les collèges, les lycées, les guinguettes et les événements dédiés à la transition écologique. Comme le 20 septembre à la Fête du Patrimoine du Sol à Marsilly le 14 novembre 2026, lors de la Fête de la Santé Globale, espace Tartalin, à Aiffres.
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
Consultez nos articles similaires
L’approche One Health fait son entrée à l’ARB Nouvelle-Aquitaine
Un cahier des solutions sous l’égide d’« Un seule santé »
Les jeunes passent à l’action !
