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Urbanisme / Aménagement

Un chercheur bordelais a étudié l’impact de la nature sur la santé mentale 

Publié le 20 février 2026
Cédric Galera, chercheur, s’est intéressé aux effets des espaces verts à proximité du domicile

Cédric Galera, chercheur, s’est intéressé aux effets des espaces verts à proximité du domicile

Vivre dans une grande ville peut mettre notre santé mentale à rude épreuve. La nature comme remède naturel ? Cédric Galera, pédopsychiatre et épidémiologiste à l’hôpital Charles-Perrens de Bordeaux, chercheur à l’Inserm, a mené une étude avec une équipe anglaise et hollandaise sur le lien entre santé mentale et espaces verts. Avec des enjeux à la clé pour un urbanisme favorable à la santé et la réduction des inégalités.

Aujourd’hui, plus des trois quarts de la population française réside en zone urbaine, et cette proportion ne cesse d’augmenter. Tout comme la proportion d’urbains, le pourcentage d’individus touchés par un trouble mental augmente de manière inédite en France comme dans le monde. Les prochaines générations ne devraient pas être épargnées, au regard des signaux d’alarme chez les 15-25 ans.

C’est dans ce contexte que Cédric Galera s’est intéressé aux effets des espaces verts à proximité du domicile. Il s’est appuyé sur les données de la Millennium Cohort Study (25 442 participants adultes du Royaume-Uni, de 2003 à 2016) afin de déterminer si la présence d’espaces verts contribue à réduire les écarts en matière de santé mentale entre différents groupes sociaux.

« Nous avons pu analyser un échantillon représentatif de la population générale britannique en prenant en compte les facteurs socio-économiques – pauvreté, éducation, origine ethnique – et d’autres variables comme l’âge, le sexe, l’urbanicité, la santé physique ou la pollution atmosphérique… » précise le chercheur.

25 400
Participants
30 %
de réduction du stress grâce à la nature
Les résultats indiquent que les espaces verts exercent un effet protecteur 

L’étude révèle, sans grande surprise, que les personnes peu exposées aux espaces verts présentent davantage de détresse psychologique. À l’inverse, vivre dans un quartier verdoyant est systématiquement associé à un moindre mal-être, avec des effets particulièrement marqués chez les personnes défavorisées sur le plan socio-économique par rapport aux groupes plus aisés.

Les résultats indiquent que les espaces verts exercent un effet protecteur plus important pour les personnes les plus défavorisées, avec une réduction de détresse psychologique d’environ 30 %. « L’étude apporte des faits là où l’on n’avait jusqu’à présent que des suppositions », commente Cédric Galera.

Verdir les quartiers défavorisés pourrait être un levier 

« Maintenant, nous disposons de données qui suggèrent que verdir les quartiers défavorisés pourrait être un levier pour réduire les inégalités en matière de santé mentale, » souligne Cedric Galera.

Comment les politiques publiques peuvent-elles à présent se saisir des résultats ? « L’idée est d’informer puis d’échanger avec les décideurs publics pour les futures politiques d’urbanisme. 

Ce n’est pas qu’une idéologie de planter des arbres, cette nécessité s’appuie sur des faits, et cela justifie d’investir prioritairement pour la création d’espaces verts, notamment dans les quartiers défavorisés ; c’est de la prévention », conclut Cédric Galera, qui souhaite désormais étendre cette recherche auprès des enfants et adolescents.

Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?

Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.

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