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Cancers pédiatriques à La Rochelle : une étude scientifique inédite

Publié le 22 mai 2026
« Exposcan » une étude sur les causes d'une surincidence de cancers pédiatriques

« Exposcan » une étude sur les causes d'une surincidence de cancers pédiatriques

Dotée de 500 000 euros pour 3 ans, l’étude « Exposcan » doit permettre d’apporter des réponses sur les causes d’une surincidence de cancers pédiatriques dans plusieurs communes de Charente-Maritime. Le projet doit analyser le rôle des expositions environnementales, notamment aux pesticides, dans la survenue de la maladie. Une réponse attendue depuis longtemps par les familles et les citoyens.

Dotée de 500 000 euros pour 3 ans, l’étude « Exposcan » doit permettre d’apporter des réponses sur les causes d’une surincidence de cancers pédiatriques dans plusieurs communes de Charente-Maritime. Le projet doit analyser le rôle des expositions environnementales, notamment aux pesticides, dans la survenue de la maladie. Une réponse attendue depuis longtemps par les familles et les citoyens.

C’est en 2018 qu’un médecin du CHU* de Poitiers a sonné l’alerte, notant un enregistrement exhaustif de cancers pédiatriques dans la plaine d’Aunis, 4 à 7 fois plus qu’ailleurs en France. Localement, les parents des victimes créent en 2018 l’association Santé environnement 17, qui se présente bientôt aux élus de l’agglo et demande des études. En 2019, un capteur décèle 33 pesticides, donc certains interdits depuis 1998.

Mais la réponse reste en suspens. Franck Rinchet-Girollet, porte parole de l’association et parent d’un enfant aujourd’hui en rémission, explique : « il y a des failles dans la règlementation. Les enquêtes des autorités sanitaires cherchent une cause commune et unique aux cancers. Mais les causes sont multifactorielles. Ils ne prennent pas en compte l’effet cocktail ou encore la dose et la durée de contamination. »  Les alertes ont aussi concerné la qualité de l’eau, avec plusieurs aires d’alimentation de captage d’eau potable qui ont dû fermer en raison de contaminations par des pesticides. Certains riverains ont fait tester leur potager cultivé au naturel. Là aussi, on retrouvait des pesticides.

«  Nos questions étaient légitimes et les réponses insuffisantes » estime Franck Rinchet-Girollet. En 2024, l’association lance le projet « Nos enfants exposés aux toxiques » ou « NEXXT ». Cette étude citoyenne vise à étudier la présence de traces de toxique chez les jeunes de La Rochelle de 3 à 17 ans dans six communes. L’étude révèlera  la présence de 45 molécules différentes dont des pesticides dans les urines et les cheveux de 72 enfants.

En 2025, une nouvelle étude réalisée à partir du registre général des cancers de Poitou-Charentes et financée par la Ligue contre le cancer identifie, en plus de la commune de Saint-Rogatien, deux autres foyers de cancer pédiatriques au niveau des communes de L’Houmeau et de Saint-Vivien, confirmant l’inquiétude citoyenne. « C’est ce que nous avons plaidé auprès du préfet qui s’est saisi de la question, a proposé une réponse structurée et nous a associé au copil», précise Franck Rinchet-Girollet.

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Etude
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Communes concernées
Le projet comprend des campagnes de prélèvements et d’analyses environnementales

Le 5 mars 2026, Brice Blondel, préfet de Charente-Maritime, a annoncé le lancement du projet ExpoScan (expositions environnementales et spatialisation du sur-risque de cancers pédiatriques). C’est la première fois qu’un tel projet est conduit à l’échelle d’un territoire par les services de l’État. Cette étude tentera d’identifier les facteurs liés à une surincidence de cancers pédiatriques près de La Rochelle dans l’air, l’eau et les sols.

Conduit par le laboratoire public Qualyse, le projet est encadré par un consortium de scientifiques et de praticiens issus d’organismes de recherche et d’établissements hospitalo-universitaires. La démarche associe la Préfecture, l’Agence Régionale de Santé, le CHU* de Poitiers, l’Université de Rennes, la Ligue contre le cancer de Charente-Maritime, la Communauté d’Agglomération de La Rochelle, le Conseil départemental, la Région Nouvelle-Aquitaine et les Communes, l’Association Avenir Santé Environnement et des médecins.  L’ambition est ainsi de produire une base de données, une cartographie et des statistiques. Le projet comprend la collecte et à la compilation des données historiques disponibles (eau, air, sol), ainsi que des entretiens auprès des familles volontaires,  et des campagnes de prélèvements et d’analyses environnementales.

« Exposcan » une étude sur les causes d'une surincidence de cancers pédiatriques
Le projet « Nos enfants exposés aux toxiques » ou « NEXXT »

« Le cancer est une maladie complexe, on sait que les polluants environnementaux sont des facteurs aggravants ou déclencheurs de la maladie. Le but est d’aller chercher dans l’ensemble de l’environnement les pesticides, les métaux lourds et les PFAS* afin d’obtenir une cartographie complète des polluants environnementaux et de mettre en évidence de potentielles corrélations entre ces polluants environnementaux et les surincidences de cancers documentés », insiste Franck Rinchet-Girollet avant d’ajouter « il faut qu’on identifie chacun de ces facteurs et qu’on fasse en sorte de les réduire au maximum dans l’environnement si c’est possible. »

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