Eau potable en Charente-Maritime : où en sommes nous ?
Pas moins de 150 personnes ont assistées à la conférence sur l’eau potable
Pas moins de 150 personnes ont assistées à la conférence sur l’eau potable organisée à Périgny, conjointement par Sud Ouest et l’Agence régionale de santé (ARS). En Charente, le sujet ne laisse pas indifférent. Ces dernières années, la présence de résidus de fosetyl et de métabolites du chlorothalonil dans le réseau a alimenté l’inquiétude des habitants, soucieux d’en comprendre l’origine et les risques potentiels pour la santé. La conférence est disponible en replay.
Ici plus qu’ailleurs, les alertes répétées ont mis les rochelais dans le doute. L’eau du robinet est-elle bonne pour leur santé ? Peut-on faire confiance ? Quelles sont les actions entreprises pour garantir la bonne qualité de l’eau ? Peut-on agir pour se protéger ? Ce sont les questions posées aux invités des deux tables rondes.
En première partie, Benoît Elleboode, directeur général de l’ARS*Agence Régionale de Santé Nouvelle-Aquitaine fait un point sur la qualité de l’eau potable précisant qu’il s’agit « du produit de consommation le plus contrôlé ». Face à des analyses parfois complexes à interpréter, il fera la distinction entre pesticides, métabolites, seuils réglementaires. En effet, en juillet, dans le fleuve Charente, un produit phytosanitaire a été détecté au-dessus du seuil autorisé. L’eau reste potable mais classée non conforme. Une nuance qu’il a tenu à expliquer. Les analyses de la qualité de l’eau potable réalisées dans le cadre du contrôle sanitaire ont révélé un pic de fosétyl à 0,11 microgrammes par litre, juste au-dessus du seuil de qualité établi à 0,1 microgrammes par litre. Le seuil de potabilité établi par l’ANSES*Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail pour cette molécule est quant à lui beaucoup plus élevé, à 9 000 microgrammes par litre. Dans ces conditions, l’eau reste potable bien que classée comme « non conforme ».

Une étude pour comprendre les clusters de cancers pédiatriques
Brice Blondel, préfet de Charente-Maritime, a répondu aux inquiétudes d’Emmanuelle Balliau, co-présidente d‘Avenir Santé Environnement concernant la question des cancers pédiatriques. En effet, un projet de recherche citoyen mené par l’association Avenir Santé Environnement avait révélé la présence de quatorze pesticides dans les cheveux et l’urine de 72 enfants. Avec un produit surprise : l’acétamipride, un néonicotinoïde interdit depuis 2018.
Brice Blondel a annoncé une étude inédite d’exposition pour comprendre le problème sur le territoire. La préfecture de la Charente-Maritime, l’Agence régionale de santé (ARS*Agence Régionale de Santé) Nouvelle-Aquitaine, la Ligue contre le cancer et l’agglomération de La Rochelle ont décidé d’un commun accord de financer cette étude qui sera pilotée conjointement par le laboratoire interdépartemental INRAE*Institut National de Recherche pour l'Agriculture, l’Alimentation et l'Environnement , l’INSERM*Institut national de la santé et de la recherche médicale et le CHU*Centre Hospitalier Universitaire de Poitiers.

Des solutions pour concilier agriculture et santé-environnement
Comment garantir une eau de qualité satisfaisante ? L’objet de la deuxième table ronde a mis en avant des initiatives. Face aux limites du programme Re-Sources qui vise à préserver la ressource en eau notamment en encourageant des modes d’exploitation réduisant l’utilisation de pesticides, le Préfet, Brice Blondel, a annoncé l’implication de l’Etat pour tenter une nouvelle solution. « Le volontariat a ses limites, l’Etat a décidé la mise en œuvre du dispositif relatif aux Zones Soumises à Contraintes Environnementales sur 3 aires de captage. »
Cette feuille de route a été signée officiellement. Elle comprend une concertation forte avec une centaine d’agriculteurs concernés et un objectif 0 pesticides. En réponse aux « rêves de rémunération des agriculteurs vertueux » prôné par Benoît Biteau, député de la 2e circonscription de Charente-Maritime invité pour ce débat, Guillaume Krabal, vice-président de l’Agglo de La Rochelle en charge de l’eau et conseiller départemental a annoncé un accompagnement financier. « La communauté d’agglomération de La Rochelle va compenser le manque à gagner des agriculteurs contraints d’arrêter les pesticides via des paiements pour services environnementaux, avec un budget total d’1,2 million sur cinq ans ».
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
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