Changement climatique et logement : un webinaire pour anticiper les adaptations
Webinaire changement climatique, santé et espace clos.
Dans le cadre de l’observatoire régional santé environnement (ORSE) Nouvelle-Aquitaine, un cycle de webinaires sur le changement climatique et la santé a été initié en 2025. Le premier volet, portant sur les enjeux généraux, a été réalisé en juin. Cette deuxième séquence du 20 novembre, rassemblant 77 participants, cible un enjeu plus technique de santé environnement puisqu’elle s’intéresse aux espaces clos. La rediffusion et la synthèse des ressources sont en ligne.
Comment le changement climatique rebat-il les cartes dans la façon d’habiter ? Avant d’entrer dans le vif du sujet, Jeanne FALIU-JANS, ingénieure santé environnement à l’ARS*Agence Régionale de Santé NA, a rappelé quelques chiffres : « nous passons 80 % de notre temps dans des lieux clos. Les conditions de vie (le logement et son environnement) sont un déterminant majeur en santé publique. D’ici 2100, les scientifiques du GIEC*Groupe d’experts Intergouvernemental sur l’Evolution du Climat ont prévu une hausse de 4° en Nouvelle-Aquitaine, qui devrait en 2050 atteindre 45 jours par an à plus de 30° dans certaines communes éloignées du littoral. Pour contextualiser, en 2022, 10,5% des ménages étaient en situation de précarité énergétique en Nouvelle-Aquitaine ».
Dès lors, il s’agit de faire le lien avec la notion de vulnérabilités sociales et climatiques, souligne Jeanne FALIU-JANS : « ce changement climatique va aggraver différents risques dont la santé mentale. Il s’agit de croiser les regards sur les adaptations incontournables. » Le webinaire décrypte les impacts sanitaires, associés à ce contexte de changement climatique, à travers différents paramètres : humidité, qualité de l’air intérieur et confort d’été.

Bâtiments privés : des conseillers et des aides financières
Globalement, les différents rapports internationaux convergent vers une proportion de 5 à 30 % de logements concernés par la présence de moisissures. Si les premiers signaux ressemblent souvent à un banal épisode viral : nez bouché, gorge qui gratte, petite toux sèche le soir, les toux s’installent, l’asthme flambe.
Pour aborder les pathologies respiratoires, ainsi que les autres risques sanitaires associés à la qualité de l’air intérieur, Elodie Boulanger èco-infirmière au sein de Coop Alpha, présente le réseau des CMEI*Conseiller Médical en Environnement Intérieur Nouvelle-Aquitaine dont elle fait partie. Sur prescription, les conseillers médicaux en environnement intérieur (CMEI) réalisent une visite au domicile des patients afin d’identifier les risques d’exposition problématiques et les accompagner dans la démarche de diminution de ceux-ci.
Le professeur Denis Charpin, président de l’APPA*Association pour la Prévention de la Pollution Atmosphérique présente ensuite un état des lieux des risques sanitaires associés au changement climatique. Bénédicte Chautard, cheffe du département habitat au sein de la DREAL*Direction Régionale de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement précise les aides de l’ANAH*Agence Nationale de l'Habitat, qui compte plus de 37 000 bénéficiaires en 2024 en Nouvelle-Aquitaine, et le Service Public de la Rénovation Habitat.

Bâtiments publics : un cas d’école avec Suzanne Déoux
Initiatrice de l’ingénierie de la santé dans le cadre bâti, le docteur Suzanne Déoux, médecin ORL*Oto-Rhino-Laryngologie, spécialité médico-chirurgicale consacrée aux anomalies de l'oreille, du nez et des sinus, de la gorge et du cou de profession, est venue apporter son témoignage sur une étude dans des écoles de la Réunion. La climatisation dans les classes d’école : c’est ce que réclamaient des parents d’élèves à chaque été à La Réunion. Mais la climatisation peut-elle nous rendre malade, présente-t-elle des dangers, est-elle indispensable pour un confort thermique ?
« Quand on climatise on ferme tous les ouvrants, on est dans un espace clôt. Le taux de C02 augmente rapidement et dépasse les seuils souhaité pour les enfants. Il y a aussi le problème des chocs thermiques. Cette différence de température avec l’extérieur favorise rhinite, sinusite, bronchite… » explique le Dr. Suzanne DÉOUX, qui a conduit l’étude BRASS’AIR pour évaluer l’influence des brasseurs d’air sur la remise en suspension des particules à partir des surfaces et sur leur dispersion. « Si on met un brasseur d’air, on baisse la température ressentie de 3 à 4°C. C’est une solution. »
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
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