Sensibiliser à la santé-environnement : un enjeu majeur pour la CPTS des 3 Provinces
Lancement d’une campagne d’information dédiée à la santé environnementale
La CPTS des 3 Provinces a lancé une belle dynamique sur son territoire. L’objectif général est clair : ancrer la santé environnementale dans la pratique courante des professionnels de santé. D’un point de vue opérationnel, il s’agit de former les soignants, et d’informer la population à travers des ateliers pratiques en encourageant les changements de comportements réalistes et progressifs. Rencontre avec la directrice du CPTS, Jenofa Lamarque.
Quel est le profil de la CPTS des 3 Provinces ? Pourquoi ce sujet-là plus que d’autres ?
Notre CPTS*Conseil Professionnel Territorial de Santé se situe dans le Pays Basque intérieur sur un territoire rural, agricole. Nous avons un peu plus de 170 adhérents à ce jour, pour près de 400 professionnels concernés. Dès sa création il y a 2 ans, la CPTS a inclus un axe de prévention sur la santé environnementale qui vient s’ajouter aux thèmes de prévention habituels (dépistage des cancers, violence intra-familiale, etc.). Cet axe émane des besoins des professionnels qui pensent avoir une méconnaissance du sujet, cette matière n’étant pas enseignée dans les formations initiales.
Comment a démarré ce projet ?
Les projets que nous construisons depuis nos débuts partent du territoire et naissent des idées et propositions des professionnels. L’idée retenue était de cibler les professionnels de santé et le grand public. En ce qui concerne le grand public, nous avons proposé initialement un atelier Nesting qui a été annulé, faute de participants. Nous avons donc décidé d’agir en amont pour éveiller la curiosité.
Nous avons lancé une campagne d’information et de prévention dédiée à la santé environnementale, intitulée « Cap ou pas Cap de protéger ta santé ». Il s’agissait de 9 affiches avec 9 messages clés qui ciblaient une thématique simple : choisir des ustensiles cuisines sans plastique, aérer 10 minutes par jour, moins de produits dans la salle de bain, laver ses vêtements avant une première utilisation, utiliser des peintures et vernis sans solvants.
Cette campagne a été déclinée en spot vidéos. Ceux-ci ont été diffusés pendant un mois dans les 3 cinémas de notre territoire et sur les réseaux sociaux. Les affiches étaient installées chez les commerçants, pharmaciens, lieux de soin… Il s’agissait, à travers une première sensibilisation et des messages simples, d’apporter un premier degré d’information et ainsi de sensibiliser aux bases de la santé-environnement.

Vous avez ciblé ensuite les publics particulièrement vulnérables ?
Oui, la vigilance doit être renforcée pour les femmes enceintes, jeunes enfants et ados. Nous avons sensibilisé 150 élèves de la 4ème au lycée avec des ateliers type Nesting de 2 heures dispensés par des animatrices certifiées WECF*Women Engage for a Common Future, réseau international écoféministe dont le but est de « construire avec les femmes un monde sain, durable et équitable » de l’hôpital, avec qui nous avons créé un partenariat.
Les retours sont positifs. Lorsqu’on demande aux jeunes de s’engager sur un changement de pratique, les langues se délient. Certains jeunes ont demandé à leur enseignante de continuer à travailler sur cette thématique. Les produits contre le moustique, la thématique de l’alimentation, la lecture d’étiquette… sont des sujets qui les interpellent. Le message phare, ce n’est pas de tout changer mais d’enlever un polluant.

Vous ciblez aussi les professionnels de santé ?
Nous accompagnions les professionnels de santé au changement de pratique grâce à la création d’un guide. On y parle de l’utilisation de produits, d’éco-prescription…
Pour compléter, nous leur proposons également des ateliers Nesting. Si nous avons eu quelques difficultés à remplir les premiers ateliers, c’est aujourd’hui un réel succès. Je reçois des messages de participants enthousiastes qui me parlent de leurs changements dans le quotidien. Nous réfléchissons également à des fiches pratiques sur 7 sujets à distribuer aux patients. L’objectif à terme est de créer un petit livret sur des thématiques du quotidien à donner aux patients, à laisser en salle d’attente.
En 2026, en partenariat avec l’hôpital local, nous souhaitons sensibiliser les professionnels de santé en contact avec les futurs parents afin de les accompagner dans la transmission de messages de prévention.
Ce que l’on souhaite, c’est que chaque soignant soit en capacité de délivrer des infos. Par exemple, un kiné qui reçoit un ado trop parfumé doit pouvoir lui faire comprendre qu’il inhale toute la journée des molécules et les impacts qu’il peut y avoir sur sa santé. Il s’agit de permettre au patient de mieux anticiper son exposition à un facteur environnemental, et adopter des pratiques préventives.
D’autres projets ?
Nous nous sommes rapprochés d’un groupement de producteurs locaux et nous réfléchissons à une action commune autour de l’alimentation. Peut-être à travers les cantines scolaires ou les ordonnances vertes…
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
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