Rencontre Régionale Sortir @ Marie Whitead
Faire l’école dehors : le Covid-19 a mis en lumière cette pratique pédagogique encore peu répandue à l’époque. Désormais les initiatives se multiplient. Depuis 2016, le GRAINE Poitou-Charentes, accompagne le développement de la “Classe dehors” auprès des enseignants, des formateurs de l’Education Nationale, des collectivités, des associations. Rencontre avec Alexiane SPANU, sa coordinatrice.
Comment a débuté cette dynamique en région Nouvelle-Aquitaine ?
En 2008, des adhérents du REN (Réseau École et nature, devenu le FRENE*Le FRENE, anciennement Réseau École et Nature? est né en 1983 afin de se mettre au service de tous les acteurs de l’éducation à l’environnement, dans le respect de leurs approches, de leurs appartenances et de leurs pratiques en 2021) se sont mobilisés autour de leurs pratiques d’immersion des publics dans la nature et ont créé la Dynamique Sortir ! Défendre l’éducation dehors comme enjeu de santé publique faisait partie des objectifs. Sur notre territoire, nous avons décidé d’animer cette dynamique à partir de 2016. La spécificité de notre dynamique Sortir locale est le fort partenariat entre acteurs de l’enseignement (public et privé) et acteurs de l’Éducation à l’Environnement. En France, le territoire picto-charentais est pionnier dans les pratiques de Classe dehors.
Nous organisons des Rencontres Régionales Sortir ! tous les 2 ans. La cinquième édition a eu lieu en mars et a rassemblé une cinquantaine de personnes. Le programme s’étend sur 2 jours et 1 nuit autour des pédagogies du dehors. Chaque rencontre est l’occasion de nourrir les réflexions autour de fils rouges. Cette année, il s’agissait notamment d’offrir des pistes pédagogiques et des points de repères sur la question de l’inclusion dans les pédagogies du dehors. Le Groupe Départemental partenarial Classe dehors 79 a ouvert ce nouveau champ d’exploration depuis 2022 et les a partagé.

Comment accompagnez vous les acteurs de l’éducation ?
La classe dehors n’est pas simplement une sortie scolaire ou une activité ponctuelle d’observation. Il s’agit d’enseigner , régulièrement en extérieur, en milieu rural ou urbain. Il s’agit souvent d’une demi-journée par semaine.
Faire classe dehors se prépare et s’apprend. Sortir de la salle de classe traditionnelle demande une certaine organisation, des méthodes. Nous les accompagnons à travers des formations, des ateliers pratiques, des réflexions et nous avons aujourd’hui énormément de ressources en ligne. Nous formons également des formateurs de l’éducation nationale, une soixantaine à ce jour.
En complément de ces accompagnements, nous nous sommes engagés dans une Recherche-Action Participative “Grandir avec la Nature”, coordonnée par le réseau français d’éducation à la nature et à l’environnement (FRENE*Le FRENE, anciennement Réseau École et Nature? est né en 1983 afin de se mettre au service de tous les acteurs de l’éducation à l’environnement, dans le respect de leurs approches, de leurs appartenances et de leurs pratiques).
Quel était l’objectif de cette recherche action ?
La Dynamique Sortir avait fait le constat que la recherche en sciences de l’éducation se préoccupait peu de cet objet qu’est le rapport à la nature. Ainsi est naît l’idée de développer une recherche-action adoptant un processus participatif. L’objectif : caractériser les effets des pratiques pédagogiques dehors sur les différentes dimensions de l’enfant.
Chaque enseignante picto-charentaise participante a défini une question de recherche en lien avec ses préoccupations, une curiosité ou des besoins identifiés dans sa classe. Les résultats ont été publiés. Une des enseignantes a choisi de centrer sa recherche sur le point de vue d’élèves à la fin de leur scolarité de primaire française (CM1 et CM2) ayant vécu la « classe dehors » pendant plusieurs années dans un même espace en milieu rural, et selon des pratiques pédagogiques incorporant des activités autonomes.

Quels sont les liens santé-environnement que vous mettez en avant dans la classe dehors ?
Les enjeux de la classe dehors sont multiples : bien-être, effet sur la concentration, sur le stress, sur la confiance en soi… Aujourd’hui, les enfants passent de plus en plus de temps enfermés et tenus à distance de la nature. Certaines études ont même théorisé autour de ce phénomène et parlent de « syndrome du manque de nature ».
De notre côté, nous mettons l’accent sur le mouvement, se remettre en mouvement, c’est une pédagogie active où le corps est sollicité. C’est une entrée importante liée à la santé. Récemment, nous avons publié une fiche « classe dehors et santé ».
Si les enfants sont conquis et deviennent les premiers ambassadeurs de la classe dehors, les parents sont parfois réticents. Des familles avaient demandé à leurs médecins de dispenser leurs enfants de l’enseignement dehors. Cette fiche a été conçue pour rassurer et montrer justement tout l’intérêt de la Classe dehors pour la santé des enfants. C’est une production collective et partenariale en réponse à des sollicitations d’enseignants s’appuyant sur les travaux de la Dynamique Sortir.
Quelles sont les perspectives pour les prochaines années ?
Au niveau national, une proposition de loi transpartisane a été déposée afin de reconnaître et de promouvoir l’éducation au dehors et l’inscrire officiellement dans le Code de l’Éducation. C’est positif ! De notre côté, nous souhaitons développer cette pratique en direction des collèges et lycées qui demandent une organisation plus précise. Et également vers d’autres secteurs, les centres sociaux et la petite enfance.
Vous souhaitez en savoir plus sur cette thématique ?
Consultez le site Agir-ese.org, des ressources pour agir en Éducation et promotion de la Santé-Environnement.
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